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Hollande : «La démonstration que l'économie repart»

vendredi 15 avril 2016 à 13:51

Si on ne l’avait pas compris, François Hollande a bien refait passer le message ce vendredi lors d’un déplacement dans l’Oise : «Ça va mieux.» Pendant un discours prononcé à l’occasion de l’inauguration du centre de recherche et développement de Plastic Omnium sur le site de Venette, le chef de l’Etat a martelé ce qu’il avait répété la veille en introduction de l’émission Dialogues citoyens sur France 2 : la situation n’est pas rose, mais elle est, selon lui, moins noire qu’il y a quatre ans. «La croissance est repartie», «l’investissement» – «la clé de tout» – aussi. «C’est le signe qu’il se produit une nouvelle donne dans notre économie», a insisté le président de la République face aux salariés du site assis au milieu d'une longue salle baignée dans un éclairage bleu. Et même s’il entend «ne pas se satisfaire» de la situation économique et sociale actuelle, il égrène quelques chiffres macroéconomiques qui devraient donner le moral aux Français, même s’ils ne pèsent pas encore sur cette satanée baisse du chômage qui ne vient toujours pas et à laquelle le président sortant a lié son sort personnel pour 2017 : «80 000 emplois nets obtenus dans l’année 2015» et l’objectif annoncé de ramener le déficit public «à moins de 3% [du PIB] en 2017». C’est «parce qu’il y a eu l’ensemble de ces efforts, parce qu’il y a eu l’ensemble de ces politiques» que le chef de l’Etat peut se «permettre de dire que ça va mieux».

À lire aussi :Ce qu'il ne fallait pas manquer de l'émission «Dialogues citoyens» avec François Hollande

Au risque de laisser penser qu’il est dans le déni quand sa côte de popularité reste très basse et que, selon les enquêtes d’opinion, une indifférence s’installe à son égard ? «Vous avez vu la réalité, là ?» répond-il à un journaliste d’un geste de la main, au milieu d’un bain de foule avec les salariés de Plastic Omnium. Manière pour Hollande de tenter de convaincre que c’est sa politique («sanctuaris[ation]» du crédit impôt recherche, mesures de «suramortissement» prolongées d’un an, «plein effet» des baisses de cotisations patronales consécutives au pacte de responsabilité…) qui a permis à cette entreprise, un des leaders mondiaux du plastique (notamment pour l’industrie automobile) «de conjuguer un haut niveau d’investissement, une recherche de haute performance […] et de créer des emplois durables». «Vous avez ici la démonstration que l’économie repart», avait-il déjà expliqué peu avant, lors de son passage rapide devant les journalistes.

Peu importe si les Français ne lui font pas crédit de ces premiers résultats économiques, laisse entendre le chef de l’Etat dans son discours, «ce qui compte […] c’est d’être capable de faire des choix aujourd’hui qui vont avoir des conséquences dans dix ans ou dans vingt ans». «Pour que le réel s’imprime dans les mémoires, ça prend du temps», appuie-t-on parmi son entourage.

Alors qu’on ne vienne pas le titiller avec l’audience jugée moyenne (3,5 millions de téléspectateurs) de l’émission de la veille. Hollande l’a jugé «utile» et insisté sur «le besoin de proximité» avec les citoyens venus l’interpeller sur le plateau. L’audience ? «Ça correspond à ce qu’on attendait», défend-on dans son équipe de communication qui compare le chiffre aux 2,7 millions de téléspectateurs de Nicolas Sarkozy pour Des paroles et des actes en février. «Le message qui passe, c’est "je viens vers vous". On ne va pas se plaindre que le Président aille au contact», poursuit l’entourage de Hollande, qui précise que d’autres émissions télé sont envisagées après une radio et une interview dans la presse régionale. Mais tout d’abord, place au retour de l’agenda international : le Président entame samedi une tournée de quatre jours au Proche-Orient avec des visites au Liban, en Egypte, puis en Jordanie.

Lilian Alemagna Envoyé spécial à Venette (Oise)

Hollande, un président «techno» en mal d'audience

vendredi 15 avril 2016 à 13:26

La portée – et donc le succès d’une émission politique – se mesure aussi à son audience. En ce domaine, François Hollande et France 2 ont loupé le coche jeudi soir. Alors que Dialogues citoyens a commencé à 20h15, mordant donc sur l’horaire habituel du JT, ce qui aurait dû en favoriser le nombre de téléspectateurs, seuls 3,5 millions de Français ont jugé utile ou intéressant d’écouter la parole du chef de l’Etat. A l’Elysée vendredi matin, on minimisait l’échec en soulignant que Des paroles et des actes, le rendez-vous politique du jeudi soir sur France 2, en avait rassemblé 2,7 millions avec Nicolas Sarkozy en février. Un peu court.

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Déni de réalité

Dans ce qui est apparu davantage comme une opération survie qu’un moment de reconquête, François Hollande avait pour urgence de montrer qu’il était encore dans le coup, et même au centre du jeu, alors qu’il est plus que jamais dans les tréfonds sondagiers à un an du premier tour de la prochaine présidentielle. Alors que l’enjeu pour lui, s’il est bien candidat, sera de se qualifier pour le second tour, ce qui nécessitait de parler en premier lieu à son électorat largement perdu. Et s’il n’a rien renié des mesures engagées, quitte à faire passer le «pacte de responsabilité» pour un dispositif ayant aussi vocation à aider les entreprises à augmenter les salaires, il s’est plus que d’habitude placé du côté des salariés.

Ça ne va pas encore «bien», mais ça va déjà «mieux», a martelé le chef de l’Etat. Refrain déjà entonné la veille par Julien Dray, son ami de trente ans : «On est en train de réussir économiquement et, visiblement, personne ne s’en rend compte», a-t-il noté sur LCP. Sonnant comme une méthode Coué, que plusieurs indicateurs viennent toutefois valider, ce discours positif de François Hollande risque surtout d’apparaître comme un dangereux déni de réalité, particulièrement auprès de Français dans la nasse alors qu’il y a 700 000 chômeurs de plus qu’en 2012. Vendredi matin, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a ainsi jugé que «François Hollande ne se rend plus compte de l’état du pays», une impression qu’il a parfois donnée face aux citoyens l’interpellant, même si ceux-ci n’avaient pas vocation à être convaincus comme par miracle durant l’émission.

«Les Français ne vont pas encore mieux, mais la France va mieux», a précisé Jean-Christophe Cambadélis vendredi matin. Ajoutant : «Pour aller mieux, il faut deux quinquennats de François Hollande.» Lequel a, selon le premier secrétaire du PS, «posé un arc pour la prochaine campagne». On peut le résumer ainsi : la défense du modèle social français, quitte à le moderniser, plutôt que son démantèlement violent par une droite de retour au pouvoir en 2017.

Horizon désirable

Alors que François Hollande a de nouveau indexé sa candidature sur l’inversion de la courbe du chômage, reconnaissant que s’il devait prendre sa décision aujourd’hui le compte n’y serait pas, il a surtout confirmé qu’il ferait part de sa décision «à la fin de l’année». Autrement dit, et l’inverse aurait été étonnant, après la primaire de la droite qui se tiendra fin novembre. Il est toujours plus confortable de se déterminer quand on connaît son adversaire principal. Reste à savoir si Hollande laissera aussi passer la primaire des gauches et de l’écologie prévue mi-décembre…

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Jeudi soir, il est apparu en technocrate compétent égrenant le chapelet des nombreuses réformes engagées depuis le début du quinquennat, sans parvenir à apparaître comme un leader ayant une vision qui donne de la cohérence à son action et cible un horizon à la fois commun et désirable. François Hollande a tenté de se reconnecter avec sa gauche, sans toutefois renverser la table. Il y a urgence alors que seuls 45% de ses électeurs du premier tour de 2012 referaient le même choix en 2017. Une proportion historiquement faible pour un président sortant. 

Jonathan Bouchet-Petersen

«En France, on attend que les difficultés scolaires arrivent pour agir»

vendredi 15 avril 2016 à 13:07

35e sur 38. Telle est la position de la France en termes d’inégalités scolaires, selon un rapport de l’Unicef publié cette semaine. Située entre la Slovaquie (34e) et la Belgique (36e), l'école de la République fait figure de mauvais élèves. Ces données s’appuient sur les résultats du test PISA de 2012 et le chemin vers une école plus égalitaire semble encore long. L'étude pointe des écarts de réussite importants entre les élèves dans trois matières : la lecture, les mathématiques et les sciences. Pour la sociologue Nathalie Mons, qui dirige le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (CNESCO), ces résultats s’inscrivent dans un contexte historique qui dépasse le clivage gauche/droite et illustre l'incapacité de française à faire de la prévention en matière de difficultés scolaires. 

Quelle a été votre première réaction à la lecture de ce rapport ? 

Cette étude rapporte des éléments plusieurs fois soulignés. Il y a un constat positif : en France les inégalités de revenus se sont moins creusées qu’à l’étranger. Mais la difficulté éducative reste majeure. Depuis des années, on sait que c’est une grande difficulté de l’école française. C’est une bonne école pour élèves qui avancent bien mais elle est moins efficace pour les élèves en difficulté.

Comment expliquer cette position de la France par rapport au reste de l’Europe ? 

C’est justement l’objet d’un travail que va rendre public le CNESCO. Cela fait des années qu’on répète qu’il y a un problème en France. On sait qu’il y a une forte corrélation entre les résultats scolaires et les milieux sociaux des élèves. Mais pour l’instant, aucun organisme n’a creusé la question du «pourquoi ?». Le CNESCO a donc lancé une étude auprès de 15 laboratoires de recherche. Parmi nos hypothèses, il y a les «non politiques publiques». Parfois, les difficultés s’expliquent par l’absence de choix politique. Nous sommes restés sur un collège très uniforme qui n’a pas vraiment le souci d’aider les élèves en difficultés. Ce qui n’est pas autant le cas à l’étranger.

 Les Pays baltes et scandinaves sont encore une fois bien classés. Comment expliquer ce succès ? 

Par la formation continue, plus développée dans ces pays. Les professeurs sont mieux formés avant et pendant leur travail. Ils sont aussi plus en lien avec la recherche. A mesure que celle-ci évolue, les enseignants peuvent s’en emparer. On retrouve aussi un système éducatif qui vise à la prévention de la difficulté scolaire. On parle «d’écoles de la prévention scolaire». En France, on préfère généralement attendre que les difficultés arrivent pour agir.

Hormis les critères économiques, quels sont les facteurs qui génèrent ces inégalités ?

Chaque élève arrive à l’école avec une histoire familiale différente. Cela joue sur ses capacités d’adaptation au milieu scolaire. Dans les milieux favorisés, lorsqu’on vous lit tous les soirs des histoires, vous rentrez au CP avec plus de facilité face à l’apprentissage de la lecture. Vous comprenez l’intérêt de lire. Le lien affectif avec cet apprentissage est déjà présent. Les élèves arrivent donc avec des traits inégaux à l’école. Et certains pays arrivent plus ou moins à limiter ces inégalités.

La ministre de l’Education nationale a réagi en qualifiant le rapport de «réquisitoire contre la politique de la droite». Est-ce le cas ? 

Ces données s’inscrivent dans la durée. On voit bien que sur les 30 dernières années, l’école française est en difficulté. Ce n’est pas un problème de droite ou de gauche. En revanche, cette difficulté participe au clivage gauche/droite car depuis 30 ans, on n’a pas réussi à faire évoluer positivement l’école française, quel que soit le parti au pouvoir.

A l’échelle nationale, quelles peuvent être les conséquences d’une école particulièrement inégalitaire ? 

Il y a un lien entre les compétences des élèves et le développement économique du pays. D’autre part, cela joue aussi sur la sphère civique et politique. On constate que ce sont les élèves les moins diplômés qui s’abstiennent le plus pendant les élections. Plus vos compétences cognitives augmentent, plus les individus se sentent à même de s’engager civiquement. C’est une dimension majeure qui explique, en partie, les inégalités dans l’abstention. On retrouve donc de fortes conséquences en termes de cohésion sociale et nationale.

Cyril Castelliti

Imam de Brest : les erreurs de François Hollande

vendredi 15 avril 2016 à 13:06

Jeudi soir, au cours de l’émission Dialogues citoyens sur France 2, le président de la République est invité à s’exprimer sur la problématique jihadiste. En préalable d’une question qui lui est posée, la régie diffuse l’extrait d’une vidéo polémique de l’imam de Brest Rachid Abou Houdeyfa. Elle date de 2012 et on y entend le prêcheur assurer à des enfants que, ceux qui écoutent de la musique, «Allah [les] transforme soit en porc soit en singe».

Interpellé par une mère dont le fils est mort en Syrie, Hollande répond : «Nous avons expulsé 80 prêcheurs de haine.» Avant d’être interrompu : «Celui-là ne l’est pas [expulsé, ndlr] Le Président poursuit, toujours d’un ton assuré : «Celui-là ne l’est pas, il est Français, mais son lieu de prière, je ne veux même pas utiliser ce mot, ce lieu de haine, a été fermé.» Puis, il répète avec fermeté : «Il est inquiété. Il est inquiété. Il est dans une procédure judiciaire.»


«Dialogues Citoyens» : François Hollande s... par libezap 

En réalité, aucune de ces informations n’est exacte. Quelques jours après les attentats du 13 Novembre, la mosquée Al-Sunna où l’imam exerce, ainsi que son domicile ont été perquisitionnés. Sans qu’aucune poursuite judiciaire ne soit engagée. Le maire du quartier de Pontanézen, Hosny Trabelsi, confiait même à l’époque que le prêcheur s’estimait plutôt satisfait d’avoir pu prouver, par cette perquisition, qu’il n’avait rien à se reprocher. Depuis, il a continué ses activités dans son lieu de prière, qui n’est donc pas fermé, et a même tenu fin mars une conférence à la mosquée des Trois-Ponts à Roubaix.

Outre le fait que personne sur le plateau n’a pointé du doigt les erreurs du Président, le procédé a aussi de quoi étonner. Depuis la diffusion de cette vidéo en 2014, elle est régulièrement utilisée pour illustrer le cas des «prêcheurs de haine» salafistes, dénoncés comme responsables de la radicalisation des jeunes, avec en toile de fond le jihadisme. Jeudi soir encore, face à cette mère dont le fils est mort en Syrie, on a, tout au long de la séquence, flirté sur la confusion entre jihadisme et salafisme. Pourtant, si les propos de l’imam peuvent être condamnables moralement, ils ne le sont pas juridiquement. Les équipes de la mosquée Al-Sunna ont d’ailleurs tenu à répondre, ce vendredi matin, sur la page Facebook de l’imam, aux allégations du président de la République : «L’imam de Brest n’a jamais commis le moindre délit pénal, il n’a jamais enfreint la moindre loi ou a été mis en examen suite à ses discours contrairement à beaucoup de personnes

Surtout, comme le rappelait à Libération le sociologue Raphaël Liogier en novembre le salafisme "quiétiste" comme celui de l'imam de Brest, ne conduit pas forcément au jihadisme : «Pas un seul jihadiste aujourd’hui n’est passé par le salafisme et le néofondamentalisme comme le prône Abou Houdeyfa. Ceux qui se revendiquent du salafisme quiétiste rejettent le jihad parce qu’ils trouvent ça trop moderne.» Abou Houdeyfa est d’ailleurs, comme le rappellent ses équipes sur Facebook, une des cibles privilégiées de l’Etat islamique.

À relire L’imam de Brest, un «salafiste YouTube» au rôle ambigu

Gurvan Kristanadjaja

La maire de Thionville Anne Grommerch emportée par un cancer

vendredi 15 avril 2016 à 11:40

La députée-maire de Thionville, Anne Grommerch, est morte ce vendredi à l’âge de 45 ans, emportée par un cancer du sein diagnostiqué en 2007. Proche de Laurent Wauquiez, elle aura combattu la maladie tout au long de sa carrière politique.

Directrice des ventes de Coca-Cola au Luxembourg tout proche, elle devient députée de Moselle en 2008 après le suicide du député Jean-Marie Demange dont elle était la suppléante. Une première opération et plusieurs séances de radiothérapie ne lui laisseront qu’un court répit. Le cancer la rattrape quelques mois avant les élections législatives de 2012. Malgré un traitement par une chimiothérapie particulièrement lourd, Anne Grommerch choisit de faire campagne pour sa réélection. Mère de deux jeunes enfants, elle expliquera au Républicain lorrain combien il était important, pour elle, de mener ce combat : «Je ne voulais pas perturber leur quotidien avec ma maladie. Rester à la maison à attendre, c’était mourir doucement.» Provisoirement guérie, elle se lancera en 2014  à la conquête de Thionville. Interrogée par Libération pendant la campagne municipale avec d'autres élus de l'UMP, elle se montre très confiante.

 
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Elle devient maire de la deuxième ville de Moselle de justesse en 2014, une élection contestée par son rival socialiste, Bertrand Mertz, puis annulée par le conseil d’Etat. Elle avait remporté une seconde fois la mairie en juin 2015 à l’issue d’une municipale partielle qu’elle avait largement dominée.

«Hommage à sa volonté farouche de vivre et d’agir», écrit ce vendredi le sénateur LR de Moselle François Grosdidier, parmi les nombreux hommages publiés sur les réseaux. 

Alain Auffray
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