PROJET AUTOBLOG


Reporters sans frontières

Site original : Reporters sans frontières

⇐ retour index

Mise à jour

Mise à jour de la base de données, veuillez patienter...

Cuba - Lettre à Obama : Priorité de la liberté de la presse à Cuba

jeudi 1 janvier 1970 à 01:00

Barack Obama se rendra à Cuba la semaine prochaine. Depuis 1928, aucun président américain en fonction ne s'était plus rendu sur l'île. Dans une lettre ouverte au Président des Etats-Unis, Reporters sans frontières (RSF) demande à Obama de considérer comme prioritaires les problématiques liées à la liberté de la presse et à l'accès à l'information.

Paris, 18 mars 2016

Monsieur le Président,

À l'occasion de votre visite historique à Cuba la semaine prochaine, Reporters sans frontières (RSF) vous demande de considérer comme une priorité les problématiques liées à la liberté de la presse et à l'accès à l'information. En tant que premier président américain à fouler le sol cubain depuis 88 ans, vous avez le devoir et le pouvoir d'influencer positivement les politiques de l'île sur ces sujets fondamentaux, en les évoquant lors de vos discussions en privé avec le Président cubain Raúl Castro, lors de vos discours publiques ou encore vos rencontres avec la presse et la societé civile cubaine. En discutant avec ces derniers, vous constaterez par vous-même combien leurs droits sont limités.

Cuba figure à la 169ème place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières. Le gouvernement cubain maintient un monopole de l'information et ne tolère aucune voix indépendante, interdisant l'existence de tout média libre. Seuls les relais “officiels” sont autorisés par le gouvernement, et leur liste est très courte. Les médias qui n'ont pas d'autorisation officielle sont illégaux et censurés.

Le contrôle de l'information à Cuba et les pratiques de censure ne s'appliquent pas seulement aux médias locaux : les reporters étrangers aussi font aussi l'objet de restrictions et ne reçoivent d'accréditation que de façon sélective. En outre, lorsque les journalistes non-cubains présentent le régime de façon “trop négative,” ils sont expulsés.

Au delà de la censure, le pays connaît une longue histoire de violence et de harcèlement à l'encontre des journalistes. Nombreux sont ceux qui, parce qu'ils travaillent pour les médias indépendants, ont reçu des menaces de la part du gouvernement. Roberto de Jesus Guerra, éditeur de l'agence indépendante et de l'organisation de défense de la liberté de la presse Hablemos Press, a été attaqué par des membres du Département Interne de Sécurité, en juin 2014. Le même mois, un autre correspondant de la même publication était renversé par une voiture. En juillet 2015, de nombreux militants et journalistes ont été arrêtés lors de manifestations organisées par le mouvement d'opposition Las Damas de Blanco (Les Femmes en Blanc). Les arrestations, confiscations de matériel professionnel, et détentions de courte durée sont le lot quotidien des journalistes qui couvrent ce mouvement.

De nombreux journalistes ont été libérés depuis 2010, Yoeni de Jesús Guerra García, blogueur indépendant de l'agence Yayabo Press condamné à 7 ans de prison en mars 2014 pour “abattage illégal de bétail” reste aujourd'hui néanmoins emprisonné. Il assure que ces accusations ont été fabriquées pour mettre fin à ses activités journalistiques. Il a été plusieurs fois victime de violences et peut-être même de torture de la part du personnel pénitentiaire. RSF a déjà demandé sa libération au moment de la visite du Pape Francis en septembre dernier, mais Yoeni continue de dépérir en prison.

Si les relations diplomatiques ont repris entre les États-Unis et le Cuba l'été dernier, la liberté de la presse doit encore s'améliorer. Depuis le début de l'année 2016, le gouvernement cubain a arrêté trois journalistes, en a détenu un autre et a interdit la distribution de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Le journaliste et libraire Ángel Herrera Oviedo a été retrouvé assassiné le mois dernier.

Au delà des actes de violences et des arrestations de journalistes, Cuba figure parmi les pires pays au monde en matiere d'accès à Internet. L'utilisation du Web par les citoyens n'est autorisée que depuis 2013 et elle est toujours contrôlée par le gouvernement. Selon le Broadband Commission for Sustainable Development, moins de 5% des maisons cubaines y ont accès, et le pays est placé 115ème sur 133 pays. Le travailleur humanitaire américain Alan Gross, libéré en 2014 grâce à vos efforts, a passé cinq ans en prison pour avoir essayé d'aider les Cubains à accéder à internet.

Dans cette nouvelle ère qui s'ouvre pour Cuba, les barrières de la liberté de la presse doivent tomber. Les États-Unis ont l'opportunité et la responsabilité de faciliter ces changements. L'heure est venue de libérer les journalistes emprisonnés et de permettre aux médias de travailler sans crainte de violences ou d'arrestations. L'heure est venue de s'assurer que toutes les voix cubaines soient entendues.

Je vous remercie d'avance, Monsieur le Président, pour l'attention que vous accorderez à cette lettre.

Christophe Deloire

Secrétaire Général Reporters sans frontières

Kazakhstan - Au Kazakhstan, pas de presse libre, pas d'élections libres

jeudi 1 janvier 1970 à 01:00

Ce dimanche 20 mars 2016 se tiendront les élections législatives kazakhes. Le scrutin intervient au terme d'une campagne terne marquée par l'absence d'alternative au parti au pouvoir. Reporters sans frontières (RSF) déplore l'absence de pluralisme qui caractérise le paysage médiatique.

La chasse aux voix critiques ne faiblit pas au Kazakhstan, 160e sur 180 au dernier Classement mondial de la liberté de la presse. Rendues paranoïaques par la crise économique et l'âge avancé du président Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis l'indépendance en 1991, les autorités n'ont de cesse de renforcer leur monopole de l'information.

“Les médias libres sont indispensables au débat démocratique, souligne Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l'Est et Asie centrale de Reporters sans frontières (RSF). Sans eux, aucun scrutin n'est crédible. Nous exhortons la communauté internationale à tirer toutes les conséquences de cette mascarade annoncée : l'Union européenne, en particulier, se déshonorerait en ratifiant son Accord de partenariat et de coopération renforcé avec le Kazakhstan alors que ce dernier piétine ses propres engagements.”

Journalistes emprisonnés

Officiellement accusée de “diffusion de fausses nouvelles” à l'encontre de la banque Kazkommertsbank, la rédactrice en chef du site d'information indépendant Nakanune.kz, Guzal Baïdalinova, est en prison depuis près de trois mois à Almaty (Sud). Son avocat craint que la détention provisoire de la journaliste ne soit prolongée après son terme, le 23 mars, et affirme ne pas encore avoir eu accès au dossier de sa cliente. Sa consoeur Ioulia Kozlova, elle aussi arrêtée en décembre 2015 pour “détention de stupéfiants”, a finalement été acquittée et relâchée le 29 février.

Encouragés par la répression dont sont victimes les médias nationaux, les potentats locaux n'hésitent pas non plus à réduire au silence les journalistes gênants. A Pavlodar (Nord), la condamnation de Iaroslav Golychkine à huit ans de prison assortis de la confiscation de ses biens a été confirmée en appel le 23 février. Reconnu coupable de “chantage” et d'”extorsion de fonds”, le rédacteur en chef du journal Versia est l'un des boucs émissaires d'un retentissant scandale impliquant le fils du gouverneur de la région. L'audience en appel aura duré deux jours, en l'absence du journaliste. Son avocat prépare un pourvoi en cassation, avec l'espoir qu'une instance nationale pourra se montrer plus neutre et moins acquise au gouverneur que le tribunal local de Pavlodar.

Médias asphyxiés, Internet contrôlé

Le dernier journal national indépendant en langue kazakhe, Jas Alach, a été condamné en appel le 4 mars à verser 40 millions de tenge (soit plus de 100 000 euros) au directeur d'une clinique pour “diffamation”. Ces dommages et intérêts ruineux mettent en péril la survie du quotidien, une méthode d'étouffement devenue systématique ces dernières années. Fin octobre, les autorités ont eu raison du journal d'opposition ADAM, dont elles interdisaient année après année toutes les déclinaisons successives. Lassée par ce jeu du chat et de la souris, sa propriétaire Guljan Ergalieva a pour l'heure décidé de mettre un terme à ses activités.

L'internet kazakh n'a depuis longtemps plus rien d'un espace de liberté. Un décret daté du 26 janvier impose aux internautes et aux fournisseurs d'accès de se procurer un “certificat de sécurité nationale” auprès de la compagnie d'Etat Kazakhtelecom. Ce dispositif facilite l'accès des autorités aux communications et aux données de connexion et devrait leur permettre de déchiffrer le trafic crypté. Les condamnations d'activistes à de la prison ferme pour des posts Facebook se multiplient ces derniers mois : Ermek Narymbaïev, Serikhan Mambetaline, Bolatbek Bialov…

Déjà difficile, le climat est devenu suffocant pour la presse au Kazakhstan après la répression dans le sang des émeutes de Janaozen, en décembre 2011, et la fermeture de tous les principaux médias d'opposition nationaux un an plus tard.

(Photo : AFP photo / Stanislav Filippov)

Birmanie - RSF demande une enquête approfondie à la suite de l'explosion d'une bombe au domicile d'un journaliste

jeudi 1 janvier 1970 à 01:00

Le récente explosion d'une bombe au domicile de Min Min, rédacteur en chef de la Root Investigative Agency (RIA), dans la province agitée de l'Arakan (ouest du pays) constitue un acte de violence inédit contre un professionnel des médias birmans. Reporters sans frontières demande aux autorités birmanes de mettre tout en œuvre pour arrêter et traduire en justice les auteurs et les commanditaires de l'attaque.

« Nous sommes très inquiets de ce ‘pas' qui vient d'être franchi par les ennemis de la presse libre, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Nous prenons note des premières mesures prises par les forces de sécurité birmanes et les encourageons à redoubler d'effort afin d'identifier et d'appréhender les auteurs et les commanditaires de cette attaque. Un message fort doit être envoyé à ceux qui s'en prennent aux acteurs de l'information afin d'empêcher de s'installer l'impunité, un climat d'insécurité et l'autocensure qui en découle. »

Threats received by RIA on FacebookDepuis sa création, le 31 août 2015, le média, basé à Sittwe, capitale de l'Arakan, fait régulièrement l'objet de menaces, notamment sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, des internautes ont averti les journalistes de RIA que leur « temps était compté ». Un message, publié après l'explosion de la bombe, indique que « ça n'était qu'un avertissement, d'autres attaques surviendront. » Dans des groupes de discussion de Viber puis sur Facebook, les têtes des deux principaux journalistes de l'agence ont été mises à prix pour « 20 lakhs » (environ 27 000 euros).

Some impacts of the explosionC'est aux alentours de 23h20, le 10 mars dernier, que l'engin explosif s'est déclenché dans le jardin du domicile du journaliste, ne provoquant par chance que des dégâts matériels. Les forces de police ont par la suite protégé le domicile du journaliste jusqu'au lendemain. D'après les autorités locales, l'armée de l'Arakan (AA), une force militaire rebelle prônant l'autodétermination de la population de l'Arakan, pourrait être derrière cet attentat, même si cette dernière n'a émis aucune revendication. La rédaction du journal estime que ses reportages et ses enquêtes sont à l'origine de l'attaque.

Depuis juin 2012, date d'échauffourées entre boudhistes locaux et musulmans dans la province, de nombreux journalistes birmans et étrangers ont été intimidés, voire empêchés de couvrir la situation en toute indépendance. En juin 2013, après avoir discuté des problématiques liées au manque d'information sur les violences, le Parlement européen s'était prononcé en faveur de l'ouverture aux journalistes des zones sensibles de Birmanie, parmi lesquelles l'Etat de l'Arakan, d'où sont majoritairement originaires les Rohingyas.

Lire le rapport : “La crise dans l'Etat d'Arakan et les nouvelles menaces sur la liberté d'information”, publié par Reporters sans frontières en juin 2012.

La Birmanie occupe le 144e rang sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.

Iran - A la veille du nouvel an, inquiétude sur le sort de journalistes emprisonnés en Iran

jeudi 1 janvier 1970 à 01:00

Reporters sans frontières (RSF) exprime une nouvelle fois sa vive inquiétude quant aux conditions de détention des journalistes emprisonnés en Iran, notamment sur le cas d'Afarine Chitsaz, victimes de la vague d'arrestations du 2 novembre 2015, dont on est sans nouvelles depuis.

Aucune information officielle n'a encore été communiquée au sujet d'Afarin Chitsaz, journaliste du quotidien Iran, arrêtée avec trois autres journalistes. Selon les nouvelles obtenues par RSF, la jeune femme, qui n'a pu passer qu'un court appel téléphonique, aurait déjà été transférée à l'isolement de la section 2A de la prison d'Evin contrôlée par les gardiens de la révolution. Les détenus de ce quartier pénitentiaire subissent de fortes pressions et formulent parfois sous la contrainte des aveux forcés, utilisés ensuite lors de leurs procès.

Outre d'Afarin Chitsaz, quatre autres femmes Rihaneh Tabatabai, Roya Saberi Negad Nobakht, Narges Mohammadi, Atena Ferghdani condamnées à des peines allant de un à douze ans de prison sont détenues en Iran, première prison du monde pour les femmes journalistes. L'état de santé de certaines d'entre elles est préoccupant, de même que celui d'Issa Saharkhiz, jugé avec Ehssan Mazndarani et Saman Safarzai par la 28e chambre du tribunal de la révolution de Téhéran pour “action contre le sécurité nationale” et “activités de propagande contre le régime”, et hospitalisée dans un hôpital de la capitale depuis le 10 mars 2016 après un infarctus et une grève de la faim.

À la veille du nouvel an iranien, le 20 mars, plusieurs journalistes et citoyens journalistes sont privés de leurs familles. Les autorités iraniennes et notamment Hassan Rohani dont le silence facilite cette répression, pourraient faire montre de clémence à l'encontre de ces détenues, déclare Reza Moini, responsable du bureau Iran/Afghanistan de Reporters sans frontières. Ils ont été arbitrairement arrêtés et injustement condamnés, nous demandons leur remise en liberté immédiate et sans condition.“

RSF a d'ailleurs appris la libération conditionnelle, le 13 mars 2016, de Saraj Mirdamadi, collaborateur de plusieurs médias, notamment du quotidien Hayat-é-No (suspendu en janvier 2003) et de radio Zamaneh (basée aux Pays-Bas). Il a été remis en liberté en vertu de l'article 58 du nouveau code pénal islamique (amendé en 2013) qui prévoit que les prisonniers condamné qui ont purgé un tiers de leur peine peuvent être libérés pour bon comportement. Arrêté le 10 mai 2014 , le journaliste avait été condamné le 21 juillet 2015 pour “réunion et complot contre la République islamique” et “publicité contre le régime”.

Avec 36 journalistes et citoyens-journalistes emprisonnés,l'Iran est toujours l'une des cinq plus grandes prisons du monde pour la profession. Le pays occupe la 173e place (sur 180) dans le Classement mondial de la liberté de la presse établi en 2015 par Reporters sans frontières.

RD Congo - Après l'édit sur la protection des journalistes, un journaliste du Sud-Kivu gagne un procès

jeudi 1 janvier 1970 à 01:00

Reporters sans frontières (RSF) salue le jugement rendu par le Tribunal de grande instance de Bukavu (Sud Kivu) qui vient de condamner un agent de l'Etat pour ses menaces à l'encontre du reporter Donat Musema en juin 2015. Quelques semaines après la promulgation de l'édit sur la protection des journalistes dans le Sud-Kivu, l'issue positive de ce procès est une victoire pour la liberté de l'information.

Le 14 mars 2016, la justice congolaise a tranché en faveur de Donat Musema, directeur de la radio communautaire Iriba FM émettant depuis Bukavu, et condamné son persécuteur, Vianey Shamamba, à huit jours de prison et au versement d'une amende équivalente à 2500 dollars. Ce jugement répond à une plainte déposée en juin 2015 par Musema après les menaces de mort qu'il avait reçues de la part de l'agent du gouvernorat.

Raison invoquée pour ces menaces : la diffusion sur les ondes d'un discours donné par Vital Kamerhe, ancien supporter du président Joseph Kabila devenu opposant politique. RSF avait dénoncé à l'époque les menaces graves et le harcèlement subis par Musema et ses soutiens.

“Nous saluons la décision du tribunal de Bukavu qui a rendu justice en toute impartialité, déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF. Nous nous réjouissons de l'effet positif de l'édit sur la protection des journalistes qui semble avoir pesé dans la balance et encourageons la justice congolaise à continuer sur cette voie afin que les journalistes puissent faire leur travail sans peur de l'arbitraire.”

L'édit sur la protection des défenseurs des droits de l'Homme et des journalistes du Sud-Kivu a été promulgué le 10 février dernier par le gouverneur de la province, Marcellin Cishambo. Ce texte garantit d'une part le secret des sources, le droit d'informer et d'être informé et, d'autre part, reconnaît la responsabilité des autorités dans la protection des journalistes. Donat Musema a pu compter notamment sur l'article 7 qui prévoit qu'“en cas de violation de ses droits dans le cadre de l'exercice de ses activités, le défenseur des droits de l'Homme ou le journaliste peut saisir les instances judiciaires compétentes.”

La République Démocratique du Congo est classée 150ème sur 180 pays au Classement sur la liberté de la presse établi par RSF en 2015.

Photo : Donat Musema (en bleu) en route pour porter plainte (Kivu reporters, juin 2016)

Can't retrieve feed: file_get_contents(http://fr.rsf.org/spip.php?page=backend&lang=fr): failed to open stream: HTTP request failed!