PROJET AUTOBLOG


Slate.fr

Site original : Slate.fr

⇐ retour index

Mise à jour

Mise à jour de la base de données, veuillez patienter...

Marche blanche

mardi 27 mars 2018 à 17:43
[unable to retrieve full-text content]
Lire la suite

«Lighter is better», Heineken retire sa publicité jugée raciste

mardi 27 mars 2018 à 16:07

La nouvelle publicité du groupe Heineken met en scène un barman qui fait glisser une bière jusqu’à l’autre bout du bar en direction d’une femme. Cette bière allégée en calories et en alcool passe devant plusieurs clients noirs et atteint une femme blanche suivi du slogan «Lighter is better» –«Plus c’est clair, mieux c’est» en français.

Depuis dimanche, cette publicité déclenche une polémique sur internet. Chance the Rapper est un des premiers à avoir réagi ouvertement sur Twitter en la décrivant comme «terriblement raciste».

«J’ai l’impression que les entreprises font exprès de diffuser des publicités racistes pour faire plus de vues. Et avec une publicité de ce type, ils sont sûrs d’y arriver», renchérit-il quelques tweets plus tard. Il aura fallu attendre seulement quelques heures pour que d’autres internautes suivent l’exemple du rappeur américain: «Qui sont les idiots qui ont donné leur accord pour la diffusion de cette publicité? Il faut les virer», s’est indigné Helen Ehrenhofer sur Twitter.

Face à ces accusations, Heineken a retiré la publicité de sa chaîne Youtube: «Nous avons loupé le coche. Nous pensions que la publicité faisait clairement référence à notre nouvelle bière allégée. Nous prenons en compte vos remarques et nous allons nous efforcer à les appliquer dans nos prochaines campagnes», a déclaré Bjorn Trowery, porte-parole pour Heineken USA.

Publicité «Lighter is better» de Heineken

Racisme en série dans les publicités

Comme le rapporte CNN, Heineken n'est pas la seule marque à avoir fait parler d’elle pour racisme ces derniers mois.

L’année dernière, Pepsi a été accusé de s’approprier le mouvement de lutte sociale Black Lives Matters pour vendre du soda. La publicité mettait en scène Kendall Jenner, l'avant-dernière des soeurs Kardashian, qui propose une canette à un policier. Comme si tous les problèmes de racisme aux États-Unis pouvaient être résolus grâce à Pepsi.

En octobre dernier, c’est la marque de cosmétique Dove qui a fait polémique pour avoir posté un gif de trois secondes montrant un femme noire qui se transforme en femme blanche après avoir retiré un tee-shirt marron suivi de la mention «Prêt à prendre une douche Dove?».

En début d’année, la chaîne de magasins suédoise de prêt-à-porter H&M a provoqué un tollé pour avoir fait poser un enfant noir portant un sweat shirt avec l’inscription «Le singe le plus cool de la jungle».

Le Tabasco menacé par le réchauffement climatique

mardi 27 mars 2018 à 14:34

À l'intérieur des terres de la baie Vermillon, au sud de la Louisiane, le dôme salin de l'île Petite Anse (Avery Island) s'élève jusqu'à cinquante mètres au-dessus du niveau de la mer. Depuis 1868, la petite et célèbre bouteille de Tabasco s'y est plantée comme un phare: en un siècle et demi, l'usine est devenue le symbole de ce petit relief de neuf kilomètres carrés entouré de bayous et de marais.

La terre natale du Tabasco menacée

Mais ces marais sont menacés par le réchauffement climatique, et pourraient à leur tour menacer l'île Petite Anse. Chaque année, ils reculent de près de neuf mètres, à mesure que l'eau salée s'infiltre dans les canaux creusés par l'industrie pétrolière et gazière. Le niveau même de la terre diminue progressivement de dix centimètres par an.

«De violentes tempêtes s'abattent sur ce qui reste du marais, qui est également lentement submergé par un océan qui se réchauffe plus vite que presque partout ailleurs dans le monde. Une augmentation supplémentaire du niveau de la mer de soixante centimètres, presque certaine étant donné le réchauffement qui a déjà eu lieu, ne laissera sec que le cœur le plus élevé de l'île Petite Anse, d'après l'administration nationale océanique et atmosphérique», rapporte le Guardian.

Du côté de la société McIlhenny, qui contrôle la production de Tabasco, on ne pense pas que l'entreprise sera amenée à devoir quitter l'île, mais des moyens sont mis en œuvre pour protéger l'usine et lutter pour la préservation du territoire.

«Cela nous inquiète, et nous travaillons dur pour minimiser la perte de terrain, déclare Tony Simmons, désormais à la tête de l'entreprise. Je veux dire, nous pourrions faire du Tabasco ailleurs. Mais c'est plus qu'un commerce, c'est notre maison.»

Après l'ouragan Rita en 2005, la société a érigé une digue de terre de cinq mètres avec système de pompe autour de l'usine. Par ailleurs, elle s'est engagée dans un plan de restauration des zones humides, raconte le Guardian: «en plantant des plantes halophytes, en remplissant des canaux et en érigeant des barrages qui empêchent l'avancée de l'eau salée. La faune, qui comprend des ours noirs, des alligators et des aigrettes neigeuses, a une zone protégée pour se promener sur l'île».

Des côtes dévastées

Ces initiatives demeurent pourtant relativement maigres face à l'ampleur du phénomène, qui touche une grande partie de la côte de Louisiane, où l'équivalent d'un terrain de football disparaît toutes les cent minutes. Depuis 1932, près de 4.833 kilomètres carrés (soit à peu de choses près, la taille de l'État du Delaware) ont disparu, conséquences dramatiques associées au surdéveloppement du fleuve Mississippi, à l'extraction par forage, et au réchauffement climatique.

L'an dernier, un «plan pour une côte durable» a été lancé par l'État de Louisiane allouant plusieurs dizaines de milliards de dollars à la conservation et à l'aménagement des territoires, ainsi qu'à la réduction des risques d'inondation. Mais pendant ce temps, des milliers de personnes demeurent forcées de quitter leurs habitats menacés par les inondations, et les territoires continuent de se dégrader. Oliver Houck, professeur de droit à l'université Tulane, déplore aussi bien la situation actuelle de la Louisiane que la gestion qui en est faite, avec ses points aveugles et ses populations délaissées:

«C'est un tapis déchiré. Cela prendrait des décennies à être rapiécé, même sous l'augmentation du niveau de la mer. L'île Petite Anse va devenir une véritable île, il n'en restera plus grand chose. L'État a décidé de mettre tous ses œufs dans le même panier, en restaurant la partie est de l'État. Je déteste utiliser le mot "radier”, mais ces communautés côtières sont livrées à elles-mêmes.»

Procès Rançon: «Je me suis demandé comment un être humain pouvait descendre aussi bas dans l’horreur»

mardi 27 mars 2018 à 13:31

C’est un jour sans importance pour Jacques Rançon. En ce lundi 26 mars, les jurés l’ont reconnu coupable de tous les faits qui lui étaient reprochés, les homicides volontaires et les viols de Moktaria Chaib et de Marie-Hélène Gonzalez sous la menace d’une arme, la tentative de meurtre sur Sabrina, et la tentative de viol sur Nadia*. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. Jacques Rançon, s’il ne lâche pas son dernier souffle avant, ne goûtera plus la liberté avant au moins ses soixante-seize ans.

L’avocat des parties civiles, Me Nicolau, avait mis en garde la cour d’assises des Pyrénées-Orientales lors de sa plaidoirie:

«Il sera impossible d’équilibrer les plateaux [de la justice]. Il a tué, coupé des têtes. [...] Ni la torture ni la peine de mort n’existent dans le Code pénal. La perpétuité est de la théorie: au bout de vingt, vingt-deux ans, tout le monde sort. La perpétuité que vous allez prononcer ne compense pas la perpétuité des familles.»

C’était un jour sans importance pour Jacques Rançon. Au bout d’un certain temps, arpenter les palais de justice confère la conscience aigüe que les monstres n’existent pas –mais si c’était le cas, alors Rançon serait ce qui s’en rapproche le plus. Il a violé, étranglé et mutilé des corps qu’il a abandonnés sur des terrains vagues comme s’ils n’avaient jamais existés.

Sabrina? Il n’en avait plus le souvenir, a-t-il dit lors d’une audition. C’était une si «petite affaire». L’homme qui a comparu, ces trois dernières semaines à Perpignan, n’a peut-être pas toutes les cartouches morales et intellectuelles pour analyser ses actes, mais il sait au moins une chose: si la réclusion criminelle à perpétuité ne lui est pas appliquée, à lui, à qui le serait-elle?

Quatre-vingt-dix journalistes mobilisés, plus de quarante témoins et experts venus des quatre coins de la France, une vingtaine de policiers et de secouristes, une dizaine d’employés de Prosegur pour assurer la sécurité; une équipe son et image pour les séances en visioconférence et les retransmissions quotidiennes dans une salle annexe; quatre avocats pénalistes, six jurés tirés au sort –quatre hommes, deux femmes– trois huissiers d’audience, deux greffiers, deux assesseurs, un président. Et puis les parties civiles, les proches des victimes, innombrables, et les survivantes.

«La cause qui nous unit est tellement envahissante [...]», dira en ce jour de verdict le président Régis Cayrol. Tant de personnes réunies à cause et pour un seul homme dont le destin était connu de tous depuis le lundi 5 mars, à l’ouverture de son procès à Perpignan.

«Votre décision est attendue depuis vingt ans»

Alors, pourquoi? Pour comprendre, malgré l’ignorance de Jacques Rançon qui, lui-même, n’a su expliquer ses crimes? Pour les victimes, qui n’étaient plus là pour l’entendre? Ou pour leurs familles, qui, de quelque manière, ne trouveront aucun apaisement?

«Ces familles ont été chassées de notre monde, de ses joies évidentes, de ses bonheurs modestes et de ses contrariétés futiles et insignifiantes. Comme l’a dit la soeur de Marie-Hélène, Noël ne chante plus et les bougies d’anniversaire ne brillent plus que pour faire mémoire de la mort de l’enfant aimé», admet l’avocat de Jacques Rançon, Me Brivet-Galaup, lors de sa première plaidoirie devant une cour d’assises.

«Pourtant, votre décision est attendue depuis vingt ans, plaide l’avocat devant les jurés. Depuis vingt ans nous espérons ce jour où, par votre voix, résonnera celle du peuple, rappelant à tous que nous sommes ici les serviteurs de la vérité et que vous en êtes les maîtres. Depuis vingt ans, cette ville attend ce jour où par votre verdict vous rappellerez à tous la puissance de la loi.»

Le procès de Jacques Rançon tente de rétablir un semblant d’harmonie dans le chaos. Chaos qui a commencé fin 1997, «lorsque l’ange de la mort a posé son trône au centre du monde, la gare de Perpignan», rappelle Me Brivet-Galaup, citant Salvador Dalí.

«La gare de Perpignan, qui n’était plus synonyme de départ en vacances ou de retrouvailles amoureuses mais le centre névralgique d’un espace maudit où régnait une bête hideuse, cruelle et violente.»

Maître Brivet-Galaup, avocat de Jacques Rançon

Sur les marches du palais, qui ne désemplissait pas au fil des jours, le public a souvent parlé de ce qu’avait été pour eux «l’affaire des disparues de la gare de Perpignan».

Des chemins détournés pour éviter le quartier. Des papas, des grands-mères qui s’inquiétaient. Des trajets que l’on préférait faire en voiture, et des pins poussés par la tramontane que l’on pouvait voir à travers la vitre. De la psychose ambiante. De comment les jeunes filles n’étaient plus jamais laissées seules dans la rue.

Maître Brivet-Galaud poursuit:

«Derrière chaque rue longeant cette sombre avenue pouvait se trouver, tapi dans l’obscurité, un homme dont le plaisir consistait à déchirer les entrailles de ses victimes afin de faire de leurs organes intimes une offrande païenne à une divinité infernale. Cette peur irrationnelle et antique, nous l’avons tous éprouvée, et nos nuits étaient hantées par le ricanement glacial du “tueur de la gare”.»

Ce ricanement, la salle d’audience a pu l’entendre résonner lors du long et éprouvant récit de Sabrina, la survivante. Rejouant à la barre la scène de cette nuit du 9 mars 1998, où Jacques Rançon l’avait éventrée, elle avait été emportée par un rire incontrôlable, comme rejouant celui de son bourreau, jubilant de la voir mourir et qui la possédait encore.

«Lorsque j’ai rencontré Monsieur Rançon, j’ai regardé ses mains et ses yeux. Et j’ai compris pourquoi j’étais avocat, confie Me Brivet-Galaup. Dans cet abaissement auquel a consenti la justice pour rejoindre celui qui s’est perdu au pays de l’ombre, l’avocat est le dernier de cordée.»

Maître Capelet. | S.V. pour Slate

Juste avant que les jurés ne se retirent dans la salle des délibérés, Jacques Rançon prend une dernière fois la parole: «Marie-Hélène et Moktaria n’auraient jamais dû mourir. Je suis désolé de ce que j’ai fait. Et je vous demande pardon.» Il n’attend rien. Son deuxième avocat, Me Capelet, confiera plus tard qu’il n’avait qu’une envie: retourner dans sa cellule, entre ses quatre murs où plus personne ne le regarde.

«Comme vous, je n’oublierai pas»

Me Brivet-Galaup dit:

«Comme vous, j’ai vu les corps de Moktaria et Marie-Hélène atrocement mutilés. Comme vous je me suis demandé comment un être humain pouvait descendre aussi bas dans l’horreur.»

Sabrina, la soeur de Marie-Hélène et le frère de Moktaria quittent la salle d’audience.

«Comme vous, je n’oublierai pas.»

Maître Brivet-Galaup. | S.V. pour Slate.

Alors, c’est peut-être ce qu’aura permis le procès de Jacques Rançon. À ce que personne n’oublie les disparues de la gare de Perpignan.

Dehors, les journées rallongent et les enquêteurs Vincent Delbreilh et Guy Armand quittent le palais au bras de la mère de Marie-Hélène Gonzalez. Les caméras sont pointées ailleurs. Personne ne les voit pleurer.


*Le prénom a été modifié

-Merci à Mathieu Fourquet.

Ces êtres extraordinaires qui arrivent à contrôler leur chair de poule

mardi 27 mars 2018 à 11:02

Quand on est pris par des émotions fortes ou quand on a peur, nos poils se hérissent et notre peau ressemble à celle d’une volaille plumée, d’où l’origine de l’expression «avoir la chair de poule». Selon bon nombre de scientifiques, ce phénomène est un réflexe de défense hérité de nos ancêtres poilus: en se gonflant, les poils permettait de lutter contre le froid.

Chez la plupart d’entre nous, ces frissons traversent notre corps sans qu’on puisse les contrôler; seules certaines personnes sont capables de le faire. Sarah Zhang, journaliste à The Atlantic, s’est penchée sur la question.

«Ça commence par la nuque… C’est comme si j’avais un muscle que je pouvais contrôler. C’est comme ça que je déclenche ma chair de poule. Je croyais que tout le monde en était capable», explique Javier Palejko, un technicien argentin.

James Heathers, un chercheur postdoctoral à l’université de Northeastern à Boston, a étudié le phénomène du «contrôle volontaire de la piloérection». Dans sa prépublication, dévoilée en ligne le 1er mars dernier, il référence trente-deux personnes capables de ce tour de passe-passe. Depuis, d'autres personnes sont entrées en contact avec lui pour faire part d'une faculté identique.

Un phénomène extraordinaire

La chair de poule est contrôlée par le système nerveux autonome, qui gère notamment les battements du cœur, la dilatation des pupilles et les contractions du système digestif, appelées péristaltisme gastrique. Pour James Heathers, c’est en cela que le don de la maîtriser est exceptionnel: «Contrôler sa chair de poule revient à être capable d’arrêter son propre coeur.»

Can't retrieve feed: file_get_contents(http://gamerz0ne.fr/full-rss/makefulltextfeed.php?url=www.slate.fr%2Frss.xml&max=10&links=preserve&exc=&submit=Create+Feed): failed to open stream: HTTP request failed! HTTP/1.1 404 Not Found